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Le blog d'un gynéco
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9 décembre 2011

SE DOCUMENTER SUR L'UTERUS ARTIFICIEL

Ci-dessous un article du site web sciences humaines:

http://www.scienceshumaines.com/l-uterus-la-technique-et-l-amour-l-enfant-et-l-ectogenese_fr_22223.html

Demain, probablement, des enfants ne naîtront pas du ventre de leur mère. La création d'utérus artificiels dans un futur plus ou moins proche permettra en effet de réaliser la gestation d'un enfant entièrement en dehors du ventre d'une femme (l'ectogenèse). Le développement de cette technique de procréation, qui semble inéluctable, fait peur. Récemment, des journalistes, des scientifiques, des juristes et des philosophes n'ont pas hésité à dépeindre dans des termes alarmistes les effets de ce procédé d'enfantement. N'allons-nous pas fabriquer des monstres privés d'amour maternel ?
Philippe Descamps, à qui l'on doit déjà un excellent livre sur les délires juridiques vis-à-vis du clonage (Un crime contre l'espèce humaine ? Enfants clonés, enfants damnés, Les Empêcheurs de tourner en rond, 2004), s'en prend cette fois-ci à toutes les visions cauchemardesques que suscite l'idée d'utérus artificiel. Non, l'utérus artificiel ne créera pas des monstres : il est avant tout une technique médicale d'aide à la procréation assurant la continuité entre la fécondation in vitro et les incubateurs actuels pour maintenir en vie les grands prématurés. Non, les enfants nés d'un tel procédé ne seront pas forcément privés d'amour : ni les grands prématurés ni les enfants adoptés ne le sont. Non, l'ectogenèse ne remettra pas en cause la nature de la femme : il est en effet rétrograde de définir la spécificité féminine par la procréation. À travers cette critique salutaire de la bioéthique actuelle, P. Descamps ne se contente pas de mettre à jour les fantasmes qui nourrissent la peur de l'utérus artificiel. Il dénonce également une dérive du droit français qui, au fil des lois, s'est peu à peu institué en gardien de ce qui est considéré comme une norme transcendante, à savoir la nature. Or selon l'auteur, vouloir soumettre le droit à la nature, c'est vouloir le soumettre à des représentations empreintes d'une idéologie réactionnaire. On l'aura compris, bien qu'encore hypothétique, l'utérus artificiel est déjà une formidable machine à révéler les façons de penser de nos contemporains.
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UN ARTICLE DE MATHIEU BALU POUR RUE89 :

Femmes, hommes, êtes-vous prêts pour l'utérus artificiel ?http://www.rue89.com/2011/04/15/femmes-hommes-etes-vous-prets-pour-luterus-artificiel-200158


La grossesse, si je veux ! La discussion par les parlementaires du projet de loi de bioéthique, couplée à la sortie ce vendredi soir sur Arte d'un documentaire abordant les avancées de la recherche sur la grossesse ex-utero – ou ectogénèse – mettent au premier plan des questions que l'ont pourrait croire tout droit sortie d'un livre d'Aldous Huxley ou de Frank Herbert.


En 2005, le livre d'Henri Atlan, « L'Utérus artificiel », excitait déjà les imaginations, quitte à prendre pour argent comptant des spéculations que lui-même ne voyait se réaliser que dans « cinquante ou cent ans ».
Dans moins d'un siècle, l'ectogénèse permettrait de se passer du corps de la femme pour faire se développer et naître un enfant.


Six ans plus tard, Atlan, figure centrale du documentaire d'Arte, a assuré sur France Inter que la mise au point d'un utérus artificiel reste « très compliquée sur un plan technique, mais [que] le cahier des charges existe ».


En somme, on connaît la recette, mais la manière d'incorporer les ingrédient est encore hors de portée.
Aux Etats-Unis, une souris (déficiente) créée ex-utero


Des expériences ont déjà eu lieu, suffisantes pour ouvrir la porte au fantasme de l'enfant-cyborg :
dès 1997, une équipe japonaise, en récupérant un fœtus de chèvre encore peu développé pour le plonger dans un bain amniotique, avait réussi à le maintenir trois semaines en vie ;
aux Etats-Unis, en 2002, c'est une souris qui avait vu le jour après une gestation ex-utero.


Ces résultats ont montré :
une technique bien loin d'être finalisée, les performances mentales du rongeur étant très en deçà de la normale ;
le scandale provoqué par cette dernière affaire, qui peut servir à étalonner l'importance d'un débat sur la maternité artificielle.


L'équipe de l'université de Cornell, menée par Helen Hung Ching Liu, avait en effet commencé par mener ses expérimentations sur des fœtus humains, promis à la destruction car non-viables.


Le tollé provoqué par ces recherches avait conduit l'équipe à se reporter sur les souris, alors que l'Amérique de George W. Bush, inspirée par le mouvement pro-life, interdisait toute recherche sur les cellules souches ; une interdiction qui sera levée avec l'élection d'un président démocrate à la Maison Blanche.


En France, c'est le texte de 2004 qui encadrera la recherche de manière très rigoureuse.
Des embryons non-viables, avec l'accord des parents ?


D'après la loi du 6 août 2004 relative à la bioéthique, réaliser des recherches sur les embryons humains est formellement interdit, sauf à titre dérogatoire.


Sauf exception donc, les chercheurs français sont privés d'expérimentations, mais la situation pourrait changer dans les semaines à venir. Le projet de révision de la loi de 2004 comporte en effet un changement d'importance : malgré l'opposition du gouvernement, les embryons non-viables pourraient dorénavant être utilisés avec l'accord des parents.
Or, si le même texte réaffirme l'illégalité du système de la mère porteuse (le fait d'utiliser une femme pour porter l'enfant d'une autre jusqu'à son terme), il ne va pas jusqu'à se prononcer sur l'éventualité d'un utérus artificiel.
Dans un rapport sur la famille, la ministre de la Recherche Valérie Pécresse s'était déclarée farouchement opposée au principe de l'ectogénèse, comparable selon elle au clonage humain.


En réalité, les questions que soulève l'éventualité d'une gestation en laboratoire vont plus loin que l'éthique médicale, pour mettre en question les rapports homme/femme.


Un enfant sans femme ou « le triomphe du désir phallocentrique »


Un large courant du féminisme, dit libertaire, voit dans cette possibilité une condition de l'égalité homme/femme : libérée d'une des « infériorités biologiques » que définissait Simone de Beauvoir,
La femme n'est plus « ramenée à l'espèce » et peut vivre pleinement son individualité. C'est la position de Marcela Lacub, auteure de « L'Empire du ventre », plaidoyer contre la « sacralisation » de la maternité et de l'accouchement. Mais d'autres y sont radicalement opposées, au nom de cette même égalité des sexes.


Pour les féministes dites universalistes, il y a là un complot des mâles : faire un enfant sans femme ne serait que le dernier avatar du pouvoir patriarcal. A l'appui de cette thèse, on compte un allié d'importance : Donna Haraway, auteure culte du célèbre « Manifeste Cyborg » dont on ne peut dire qu'elle considère les nouvelles technologies d'un mauvais œil. L'uterus artificiel, dénonce-t-elle, c'est « le triomphe du désir phallocentrique de recréer le monde sans l'intermédiaire des corps de chair de la femme ». Rien de moins.


Au-delà des passions militantes, des chercheurs ou des parlementaires, il est évident que la question fait réagir : si la possibilité de prendre en charge une gestation entièrement ex-utero est sans aucun doute une réussite de la médecine, une fois évacués les risques évidents d'eugénisme, l'impact social d'une telle avancée ne peut que diviser.
Le livre d'Henri Atlan et le documentaire qui lui fait écho devraient vous y aider.

A VOIR :


► L'Utérus artificiel de Marie Mandy pour Arte France/The factory - le 15 avril à 22h15, le 16 avril à 9h55 et le 27 varil à 5 heures.

LE point de vue du gouvernement FRANCAIS et des parlementaires:

Valérie Pécresse dans le Rapport n°2832 de la mission d'information sur la famille et les droits des enfants du 25 janvier 2006 (pp. 40-41) compare l'ectogenèse au clonage et parle de "transgressions des règles de la nature qui risquent d'être réalisées par la science en matière de reproduction". Elle en appelle à "ne pas jouer les apprentis sorciers" et à "maintenir des garde-fous éthiques". Elle émet à une sévère condamnation de cette technologie du futur en rappelant que "La loi de bioéthique de 2004 élève préventivement le clonage humain au rang de crime contre l'espèce humaine".

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  • Je suis gynécologue installé en banlieue parisienne dite sensible. Ce blog est en accès libre sans publicité,sans but lucratif, auto-financé par moi seul, sans aucun lien avec l'industrie pharmaceutique. C'est le bloc note de mes coups de gueule !
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