Le blog d'un gynéco

22 février 2012

utérus artificiel


Essai médical illégal utérus artificiel. Des bébés décèdent pour la science.

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27 janvier 2012

Commerce d'enfants

Faites-moi un bébé aussi vite que possible

Comment une entreprise californienne de maternité de substitution rationalise sa production en implantant, en Inde, les embryons de ses clients dans deux mères porteuses à la fois.

Sawyer-31 / Newborn Baby Boy. CC 2.0 licence by Flickr / Vivid Expressions Photography 2009

- Sawyer-31 / Newborn Baby Boy. CC 2.0 licence by Flickr / Vivid Expressions Photography 2009 -


Le secteur florissant de la maternité de substitution internationale, où les Occidentaux se sont mis à recruter les femmes pauvres de pays en voie de développement pour qu'elles portent leurs enfants, a fait l'objet d'un gros buzz médiatique ces dernières années.

En général, la pratique est décrite comme un accord gagnant-gagnant entre les mères porteuses et ceux qui les embauchent; les couples obtiennent le bébé qu'ils ont toujours voulu tandis que les femmes des pays pauvres gagnent en une simple gestation l'équivalent de plusieurs années de leur salaire habituel.

Dans des histoires bouleversantes, on nous raconte comment des individus stériles, mais aussi des couples lesbiens et gays en mal d'enfants (ayant dû passer sous les fourches caudines de politiques d'adoption discriminantes), ont réussi à former des familles en pouvant se payer, à l'étranger, le recours à des mères porteuses. Le Oprah Winfrey Show a même dépeint la pratique comme un formidable exemple de «solidarité féminine» par-delà les frontières, célébrant ces arrangements comme «la preuve de la proximité réelle entre nos différents pays».

Mais ne vous y trompez pas: il s'agit tout d'abord et avant tout d'un commerce. Et le produit vendu par ce commerce – l'externalisation d'une grossesse – s'accompagne aujourd'hui pour les clients (ie. les futurs parents) de toute une gamme d'options personnalisables, d'assurances et de protections juridiques.

Voyez par exemple l'article du Wall Street Journal (WSJ) daté de décembre 2010 et titré «Assembling the Global Baby» [assemblage du bébé planétaire], qui s'intéressait à la célèbre PlanetHospital, une entreprise spécialisée dans le tourisme médical et basée à Los Angeles, devenue l'un des nombreux supermarchés de la maternité de substitution à l'étranger et se mettant en quatre pour s'attirer des clients. «Nous prenons en charge tous les aspects du processus, comme un service de conciergerie», expliquait au WSJ Rudy Rupak, fondateur de PlanetHospital.

«Service de conciergerie»

L'article du WSJ ne précisait pas vraiment comment les droits des mères porteuses s'inséraient dans ce «service de conciergerie». Mais avec des interviews avec ses dirigeants, des informations encore disponibles sur le site de PlanetHospital avant sa refonte, l'an dernier, et une plaquette «Maternité de substitution: des résultats avant tout»que distribue l'entreprise à ses clients putatifs, on peut commencer à s'en faire une idée plus complète.

La version de la plaquette que PlanetHospital m'a envoyée en juillet assure aux clients que chaque mère porteuse est «bien traitée». Elles passent «toute la durée de leur grossesse dans la clinique, ou dans un centre contrôlé par la clinique» où leurs habitudes, traitements médicaux et régimes alimentaires sont scrupuleusement encadrés et surveillés.

PlanetHospital promet à ses clients que, lorsque les mères porteuses sont d'anciennes fumeuses, «nous faisons en sorte qu'elles n'aient pas subitement envie de se remettre à fumer pendant leur grossesse». Comme de nombreuses autres cliniques et intermédiaires en maternité de substitution, PlanetHospital n'accepte uniquement des mères porteuses qui ont déjà eu des enfants au préalable.

En général, on imagine que ce type de condition prouve qu'une femme est capable de mener une grossesse à terme et en toute sécurité, mais la brochure de PlanetHospital fait aussi remarquer qu'une telle convention garantit qu'elle ne «s'attache pas à votre bébé».

«Quatre tentatives offertes»

En outre, PlanetHospital offre à ses clients un moyen original d’accélérer leur projet familial: une option consistant à implanter leurs embryons dans deux mères porteuses à la fois. L'argument de vente de cette offre (qui s'appelait précédemment le «forfait Inde»): l'implantation simultanée dans deux mères porteuses augmente les chances d'une imprégnation immédiate et diminue le délai d'attente pour un bébé. Comme on pouvait le lire sur le site de l'entreprise:

L'une des innovations de PlanetHospital fut de penser à effectuer régulièrement des FIV sur deux mères porteuses en même temps et d'augmenter ainsi les chances de grossesse de plus de 60%. Aux États-Unis, embaucher deux mères porteuses et leur faire subir une FIV à chacune serait financièrement prohibitif, mais PlanetHospital a négocié ses tarifs avec une prestigieuse clinique indienne, où les couples peuvent non seulement obtenir deux mères porteuses, mais aussi quatre tentatives.

Evidemment, cette méthode peut aussi faire qu'un couple se retrouve avec plusieurs bébés croissant dans les ventres de plusieurs femmes. Il y a encore peu de temps, si les deux mères porteuses tombaient enceintes – ou si l'une d'elle attendait des jumeaux – les clients pouvaient choisir d'avorter la grossesse surnuméraire ou de procéder à une réduction embryonnaire, suivant le nombre de bébés qu'ils désiraient ou qu'ils pouvaient se payer.

Comme on pouvait le lire sur le site de PlanetHospital:

«Pour répondre simplement à cette question, c'est à vous de voir et de décider ce dont vous avez envie de faire. Vous pouvez choisir d'avoir tous les enfants (ce qui vous reviendra un peu plus cher, évidemment...) ou vous pouvez demander une réduction embryonnaire».

Par mail, Rudy Rupak m'a expliqué que son entreprise ne permet plus à ses clients ni les réductions ni les avortements sur avis de ses avocats. Ces derniers craignant que cela ne s'ouvre sur de «vilains débats» car les autorités indiennes envisagent la possibilité de réguler la maternité de substitution dans leur pays. «Si un client veut deux mères porteuses, il devra accepter que les deux tombent enceintes», m'a-t-il écrit.

Des Indiennes «gagnantes»

Selon la grille tarifaire que PlanetHospital m'a fournie, son forfait le plus économique pour une simple grossesse de substitution s'élève à 28.000$ [22.000€]. Pour le recours simultané à deux mères porteuses, les clients doivent débourser tout d'abord 15.500 $ [12.150 €], puis 19.600 $ [15.350€] pour chaque mère porteuse tombant enceinte et menant sa grossesse à terme. (Et si l'une des deux, ou les deux, attendent des jumeaux au final, les clients devront s'acquitter, au minimum, de 6.000 $/4.700 € supplémentaires par jumeau).

Sur ces sommes, PlanetHospital rémunère ses mères porteuses indiennes entre 7.500$ [5.900€] et 9.000 $ [7.000€]. En comparaison, le coût d'une simple grossesse de substitution aux États-Unis peut atteindre 100.000$ (PDF) [78.350€], si l'on prend en compte les frais médicaux, avec environ 20.000$ (PDF) [15.600€] revenant à la mère porteuse.

Rupak a souligné combien les mères porteuses indiennes sortaient gagnantes de cet arrangement. «D'aucuns pourraient hurler à l'exploitation», m'a-t-il écrit dans son mail, «mais gardez à l'esprit que le revenu moyen par habitant d'une [Indienne] s'élève à environ 600$ [470€] par an. Elle se fait ainsi près de 12 fois son salaire annuel en étant mère porteuse».

Il convient, cependant, de voir au-delà des comparaisons économiques pour comprendre comment de telles transactions peuvent altérer les choix des mères porteuses. Par exemple, si l'une des mères porteuses indiennes de PlanetHospital souhaite ne pas mener sa grossesse à terme, tant pis pour elle.

Comme Geoff Moss, le vice-président des affaires générales et du développement commercial de la société, me l'a récemment expliqué:«Si elles n'ont pas envie de mener la grossesse à son terme, elle ne peuvent pas le faire, c'est stipulé dans leur contrat». Et selon lui, même si elles en avaient la possibilité, elle n'en useraient pas: «Elles ont des enfants», a-t-il dit, «elles comprennent donc combien il est important pour ces personnes de devenir parents».

Externalisation

Il est peu probable que l'interdiction que PlanetHospital fait peser sur les avortements décidés par les mères porteuses soit exportable aux États-Unis. George Annas, directeur du département de Droit de la Santé, Bioéthique et Droits de l'Homme au sein de l’École de Santé Publique de l’Université de Boston, m'a dit en mail que, selon lui, «il n'y a pas moyen qu'une femme adulte et intellectuellement apte puisse un jour renoncer à son droit constitutionnel de mettre (ou de ne pas mettre) fin à une grossesse (ou de pratiquer une réduction embryonnaire), sans que cela soit cassé par un tribunal américain».

Il semble donc que les intermédiaires occidentaux en maternité de substitution profitent de l'externalisation de leur activité, non seulement parce qu'il y trouvent un «travail» moins cher, mais aussi parce que certains de leurs arrangements risquent de subir un examen juridique moins strict qu'aux États-Unis.

Moss m'a confirmé que les différences juridiques entre les deux pays faisaient de l'Inde une destination séduisante pour une entreprise de maternité de substitution. «Aux États-Unis, dans de nombreux cas, les mères porteuses peuvent décider sur un coup de tête de garder l'enfant, a-t-il déclaré. En Inde, tout est contractuel».

L'absence de contrôle des mères porteuses sur le cours de leurs grossesses continue jusqu'au jour de l'accouchement. Selon la brochure de PlanetHospital, «Toutes les mères porteuses mettront leur enfant au monde par césarienne». Pour Moss, il y a une raison à cette politique:

«Nous pouvons ainsi programmer l'accouchement et permettre aux futurs parents d'assister à la naissance. Dès lors, si le bébé doit naître le 10 décembre, les parents peuvent préparer leurs formalités de voyage, prendre un avion jusqu'en Inde et être là au moment de la naissance de leur enfant»

La plaquette mentionne une autre raison: les césariennes sont «bien plus sûres pour l'enfant et la mère porteuse». Rupak m'a expliqué que, même si les mères porteuses peuvent refuser la procédure et accoucher naturellement, PlanetHospital a reçu les conseils d'obstétriciens indépendants confirmant qu'un accouchement par césarienne était le choix le plus sûr.

Questions pour la future santé des mères porteuses

Des défenseurs des droits des femmes et des experts en santé féminine pourraient s'inscrire en faux, car pour beaucoup les césariennes sont plus risquées à la fois pour la mère et pour l'enfant, en l'absence d'autres complications.

De plus, cette procédure rend les naissances vaginales ultérieuresplus périlleuses et pourrait ainsi mettre en danger les vies de mères porteuses pauvres n'ayant pas accès à des soins hospitaliers lors d'accouchements futurs.

La brochure de PlanetHospital se termine sur une mise en garde destinée à leurs futurs clients et leur conseillant de ne pas faire trop de cas des commentaires négatifs sur l'entreprise qu'ils pourraient croiser sur Internet. «La maternité de substitution est un sujet très sensible», explique la plaquette. «On ne parle pas de l'achat d'une voiture, c'est une vie que vous nous demandez de vous aider à créer».

Mais si nous pouvons probablement tous être d'accord sur le fait que la commande d'un enfant n'a rien à voir avec l'achat d'une voiture, PlanetHospital continue sur une comparaison tout aussi improbable entre son activité et celle d'un célèbre marchand de chaussures en ligne. «Comme Zappos», conclut cette note «nous voulons nous aussi vous 'livrer du bonheur' et la part la plus importante de cette mission consiste à maintenir notre intégrité».

Des règles pour le commerce

Les bébés ne sont pas comparables ni avec des chaussures, ni avec des voitures, bien sûr, mais le parallèle est révélateur. Des utérus sont aujourd'hui loués dans ce qui s'apparente à un marché mondial. Et avec l'apparition récente, dans des pays comme le Panama, leGuatémala, la Géorgie et la Grèce de nouvelles opérations transnationales de maternité de substitution, le nombre de grossesses impliquant des acteurs multinationaux et des intérêts lucratifs a toutes les chances d'augmenter.

Si les sociétés commerciales continuent à gérer la fabrication d'enfants comme une entreprise d'import-export, alors il est peut-être temps pour les gouvernements de se mettre à les traiter comme telle, en adaptant leurs procédures de protection et de contrôle à toutes les parties en présence. En attendant, en l'absence d'une réglementation efficace, les droits des mères porteuses sont achetés, vendus et font l'objet de renonciations légales.

Douglas Pet

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24 janvier 2012

l'utérus artificiel pour demain...

 

Anna Smajdor au premier plan
Source photo : progress.org.uk
 
Les fonds publics devraient servir à la recherche sur l'ectogenèse – la gestation en utérus artificiel – pour mettre fin à la réalité « barbare » de la grossesse et de l'accouchement. C'est ce que propose une « bioéthicienne » britannique reconnue, Anna Smajdor, pour qui c'est là la seule façon de mettre un terme aux inégalités entre hommes et femmes.

C'est l'idéologie du genre poussée à son paroxysme – mais en même temps il ne s'agit pas d'une proposition considérée comme aberrante ou extrémiste puisqu'elle s'exprime dans une revue universitaire de premier plan, le Cambridge Quarterly of Healthcare Ethics, et qu'elle émane d'unprofesseur d'éthique à l'université d'East Anglia.

Anna Smajdor soutient que la grossesse et l'accouchement sont si douloureux, si risqués et imposent tant de limites aux femmes sur le plan social qu'aucune société libérale ne devrait les tolérer.

Aujourd'hui l'utérus artificiel est de l'ordre de la science-fiction, affirme Anne Smajdor, mais il n'est pas impossible de le réaliser. Et il le faut, estime-t-elle :
« Le changement des structures financières et sociales peuvent bien améliorer les choses à la marge, mais il faut trouver une meilleure solution. Soit nous considérons les femmes comme des porteuses de bébés qui doivent subordonner leurs autres intérêts au bien de leurs enfants, ou bien nous devons admettre que nos valeurs sociales et notre niveau d'expertise médicale ne sont désormais plus compatibles avec la reproduction “naturelle”. »
Pour Anna Smajdor, la grossesse est un processus « barbare », rapporte l'excellent site australien BioEdge à qui j'emprunte cette information : une maladie comparable à la rougeole, fatale à l'occasion, mais qui ne dure pas neuf mois…

La chercheuse a bénéficié du soutien financier de la Wellcome Trust (la deuxième fondation mondiale pour la recherche médicale après celle de Bill et Melinda Gates) pour sa thèse de doctorat et pour co-réaliser un court-métrage sur la fécondation in vitro sur une femme scientifique qui, cherchant à échapper aux restrictions légales imposées à la recherche, en fécondant un de ses ovules à partir de sperme fabriqué avec sa propre moelle osseuse.

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Attention femmes enceintes.

Voici le témoignage que je viens de voir sur internet, à vérifier mais c'est accablant.  On a proposé une expérience d'utérus artificiel à cette femme.

Du rêve au cauchemar

Le 10 mars 2010, Benoit et moi avons décidé que c'était le bon moment, suite à de nombreuses fausses couches j'ai toujours douté de mes grossesses. Mais là, j'étais toujours enceinte ! Nous étions tellement heureux, les larmes pleins les yeux, on s'est pris dans les bras. Rapidement, nous sommes partis l'annoncer à nos parents. Quelle joie pour eux, le premier petit-enfant, ils allaient devenir pour la première fois grands-parents.

Mais tout à très vite capoté.

J'ai la malchance de faire partie de celles qui mènent des grossesses à risque. J'ai écrit un billet à ce sujet. Je vous laisse vous y référer.

Je commence à avoir mal, très mal. Mon ventre me tire de plus en plus. On m'annonce que mon placenta est placé trop bas.

Mon gynéco est pessimiste. Très.

Devant une extrême fatigue et de nombreuses contractions, je suis forcée au repos complet.

Après quelques jours de fatigue intense, je suis inquiète.

Je suis contactée par un laboratoire américain, ce dernier me propose de m'assister dans ma grossesse à risque. Visiblement ils ont les moyens techniques pour les problèmes que je rencontre. Un médecin me garantie pourvoir m'aider à mener à terme ma grossesse. 

Affaiblie, angoissée, je me dis que je dois tout tenter pour sauver ma Lucie. Première erreur. Je ne doute pas un seul instant. Je ne m'interroge pas un seul instant. Je me dis que la science aux EU est bien plus performante qu'en France. 

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09 décembre 2011

Qui connait l'utérus artificiel?

Je me rends compte que personne ne sait ce qu'est l'Utérus Artificiel. Depuis des années des chercheurs se penchent sur le sujet. Or, cette technique, utile dans certains cas se doit d'être pensée en amont. Les bouleversements que cela laisse augurer sont énormes. 

 Voici un débrief des dernières avancées :

 - Une équipe de l'université de Tokyo a présenté en 2007 un dispositif d'utérus artificiel qui vise à améliorer les techniques de fécondations in vitro.

- En 2002, le professeur Hung-Ching Liu de l'université Cornell à New-York annonce qu'elle a réussit à implanter un embryon humain sur un utérus artificiel qu'elle avait préalablement créé.

-  Le chercheur Thomas H Shaffer a mis au point un liquide amniotique artificiel permettant de sauver les bébés prématurés. Le taux de survie grâce à cette technique est de 70% chez des bébés pesant moins de 750 grammes au lieu de 30%.

La responsabilité de l'Etat et du Citoyen

 L'État a une place importante dans la controverse et dans le débat national car c'est lui qui décide du développement et de la mise en place de l'ectogenèse (Utérus artificiel). En effet c'est les lois du pays qui permettent ou non de faire avancer les recherches sur l'utérus artificiel. Mais c'est aussi l'Etat qui doit décider si l'utérus artificiel EST légal ou non devant la loi. L'Etat est donc un acteur primordial de cette controverse.

 

PARLONS-EN !

 

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WHO HEARD ABOUT ARTIFICIAL WOMB ?

Because of my experience, I realized that very few people are aware of the present medical advances. I found this situation really surprising.

Here is a debrief of the recent advances :

- In 2007, members of the University of Tokyo's staff, presented an artificial womb's device aiming to improve the in vitro fertilization techniques.

- In 2002, the professor Hung-Ching Liu at the University of Cornell in New York announces that she successfully implanted a human embryo into an artificial womb that she preliminary created.

- The researcher Thomas H Shaffer delivered an artificial amniotic liquid that can save premature babies lives. Thanks to this technique, the survival rate for babies weighting less than 1.65 pounds is up to 70% instead of 30%.

The responsibility of the State and the Citizen

The State takes an important place in the controversy as well as the national debate because it is the State who decides if ectogenesis is being developped (artificial womb). Actually, it is the laws of the country that will allow the progress of the research on artificial womb. But it is also the State who must decide whether or not artificicial womb IS legal. To conclude, the State is a crucial player in this controversy.

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Signez la pétitons

http://www.change.org/petitions/focus-on-artifical-uterus-pour-un-dbat-sur-lutrus-artificiel

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CE QU'ON DIT SUR L'UTERUS ARTIFICIEL

Aujourd'hui je vous fais part de différents points de vue glanés sur le NET.Je vous laisse découvrir les avis de chacun afin que vous puissiez vous même vous faire votre propre cheminement intellectuel de la question. Bonne lecture. ET REFLECHISSONS

Mener une grossesse hors de son corps :

 Pour celles qui veulent enfanter sans connaître les désagréments de la grossesse : varices, rétention d'eau ... et surtout de l'accouchement, vous serez heureuse d'apprendre que l'utérus artificiel est pour bientôt. Une découverte qui pourrait permettre à des femmes stériles ou ayant subi une hystérectomie de connaître les joies de la maternité.

Une technique loin d'être mise au point

La stérilité féminine comme masculine accroît dans notre société pour diverses raisons : agents polluants, maladies infectieuses non traitées... Plusieurs techniques ont d'ores et déjà révolutionné le monde de l'enfantement : FIV, injections d'hormones... Suivant les pays, le recours aux mères porteuses est un moyen pour un couple d'avoir un enfant naturel. Ce procédé est loin de faire l'unanimité car les femmes sont réduites à vendre leur utérus pendant 9 mois et d'autres difficultés peuvent également se produire. C'est pourquoi la France interdit ce procédé.

L'idée d'élaborer un utérus extra corporel ne date pas d'aujourd'hui puisqu'en 1923, le biologiste John B. S. Haldane a été le premier à parler d'ectogénésis ou ectogénèse, à savoir la grossesse menée hors du corps de la mère. Simple fantasme qui est en passe de se réaliser car des études sont à l'heure actuelle en cours. Aux Etats-Unis, en 2002, Helen Hung Ching Liu a cultivé in vitro des cellules utérines prélevées sur une patiente sur un support artificiel biodégradable. Elles ont ainsi recréé une paroi utérine capable d'accueillir des embryons. Pour vérifier la viabilité de cet utérus artificiel, la scientifique y a implanté des embryons obtenus par FIV. Ceux-ci ont bien accroché et ont commencé à se développer. Leur développement a été interrompu au bout de six jours.

Soulèvement d'une vive polémique

Face à ce succès, d'ailleurs les recherches continuent toujours mais sur des souris, les scientifiques sont divisés. Deux camps s'affrontent : ceux qui voient dans cette technique l'aspect purement thérapeutique, c'est-à-dire aider les femmes stériles ou qui ont subi une hystérectomie d'enfanter, et ceux qui y voient des dérives et des problèmes moraux et éthiques.

En effet, certaines femmes pourraient avoir recours uniquement à cette technique de grossesse pour ne pas à avoir subir tous les changements auxquels le corps est soumis; d'autres dont l'âge n'est plus d'avoir des enfants pourrait y avoir recours. Des dérives de certains médecins peu scrupuleux ont déjà été enregistrées en Roumanie et en Italie avec la FIV. Elle a permis à des femmes de 60 ans de devenir mères.

http://www.linternaute.com/science/biologie/dossier/corps-high-tech/5.shtml

SUR Franceculture

La révision des lois de bioéthique entre dans l'ultime étape de son processus. Le Palais Bourbon commencera en effet ce jour-là à discuter de ce qui pourrait devenir notre futur proche en matière de gestation pour autrui, d'anonymat des dons de gamète ou de recherche sur l'embryon, mais sans doute pas d'utérus artificiel. Cette notion serait pourtant peut-être susceptible, à elle seule, de périmer rapidement plusieurs aspects de la révision actuelle des lois de bioéthique forgées en 1991.

Même si l'utérus artificiel est aujourd'hui davantage une hypothèse probable qu'une réalité technologique proche, la fécondation in vitro continue ses avancées et il est déjà possible, dès la 24ème semaine de grossesse, de permettre à des bébés grands prématurés d'achever leur développement en couveuse. Plusieurs équipes de recherche comme celui du laboratoire d'endocrinologie reproductive de l'Université Cornell de New York, ont déjà posé les jalons d'une gestation hors du corps. Combler la période de quelques mois où il demeure encore impossible de faire grandir l'embryon ex utero semble donc aujourd'hui à portée de main, même si la chronologie possible demeure très incertaine, de quelques dizaines d'années à environ un siècle.
Toutefois, même encore hypothétique, la demi-fiction qu'est l'utérus artificiel est d'ores et déjà un révélateur de nombreux bouleversements sociaux présents ou à venir : structurations familiales, dissociation de la sexualité et de la procréation, définition de la maternité, transformation des rapports de sexe, évolutions des relations entre adultes et enfants, inconnues juridiques liées aux recompositions technologiques des possibilités du corps...
Si l'utérus artificiel n'est donc pas encore une machine à bébés qui fonctionne, elle est déjà une machine à penser en état de marche.

Avec Henri Atlan, médecin, biologiste, philosophe, vient de faire paraître aux éditions Odile Jacob un ouvrage intitulé Le Vivant post-génomique, ou qu'est-ce que l'auto-organisation ? et a publié en 2005 au Seuil et Philippe Descamps, philosophe, chercheur au CNRS et auteur d'un ouvrage paru aux PUF en 2008 intitulé L'utérus, la technique et l'amour : l'enfant et l'ectogenèse

http://www.franceculture.fr/emission-le-champ-des-possibles-l-uterus-artificiel-engendrera-t-il-un-bouleversement-social-2011-02

A lire aussi dans libération, un article sur le même sujet http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/a-l-aube-d-une-evolution-l-uterus-99330

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ARTIFICIAL WOMB ON THE INTERNET

www.popsci.com/scitech/article/2005-08/artificial-wombs

POPSCI ARTICLE:

A fetus lives in a world of bubbles. In its earliest days, it's shaped like one. Later, it floats in one-the squishy, enveloping amniotic sac. And eventually, if all goes well, the fetus releases one bubble of fluid, then another and another, like smoke signals, as it puckers and swallows and floats in the womb. It was the bubbles that first convinced Hung-Ching Liu two years ago that a baby might actually be grown outside its mother's uterus. Liu, the director of the Reproductive Endocrine Laboratory at Cornell University's Center for Reproductive Medicine and Infertility in Manhattan, has become, almost accidentally, the nation's premier womb-maker. Beginning in 2001, her lab started growing sheets of human tissue composed of cells from the endometrium, the lining of the uterus. This engineered tissue, which used starter cells donated by infertile patients, was meant to bolster the clinic's in-vitro fertilization success. A layer of endometrial cells is, after all, the ideal platform on which to nurture an embryo, a medium almost as good as mom would have made. Liu, 63, is a short woman with full cheeks, a rounded middle and smooth, unlined skin who bustles along the corridors of her lab like a cartoon teapot. She is, by any measure, maternal, with two grown sons. Twenty-one years ago, Liu, then an assistant professor, joined the first team in the U.S. to have produced a test-tube baby. Now she and her partners can boast an enviable success rate. In the past several years, about 40 percent of the couples that came to her group conceived, and in 2004, the center's 10,000th IVF baby was born. Her artificial-womb work was a natural outgrowth of the IVF efforts and is motivated by the same ache. "I see so many women who want their own baby so badly," she says. Among them are women whose embryos have failed to take hold and grow and who might benefit from her current research. Liu's artificial womb is a surprisingly simple construction. She created it after researching the making of artificial skin and adapting those methods. First she and her co-workers mold a base, a womb-shaped matrix of collagen and chondroitin, substances that are biodegradable. Over time, they dissolve, leaving only the endometrial tissue that is placed over the matrix. Each womb is shaped like a section of the mammalian version it mimics: The artificial human mold is bowl-shaped; the faux mouse womb is a doughnut-shaped section of a mouse's tubular uterus. In the beginning, Liu used endometrial cells donated by some of the clinic's female patients to grow human tissue. Then she added human embryos left over from IVF treatments, donated by other patients. These zygotes implanted and started to grow. But after they had gestated for 10 days, Liu ended the experiments, well short of viability. Under current federal regulations, two weeks is the limit for human fetal growth in the lab. "So we switched to an animal model," Liu says with a shrug. In 2002 she and her colleagues started making mouse wombs and growing mouse embryos inside them. In outline, the gestation process seems straightforward. Sperm and egg meet. An embryo implants. Between them, mother and baby build a placenta and an amniotic sac. Fluid builds up around the growing embryo. Hormones move in and out. Nutrition, blood and oxygen pass through the placenta. Waste products are removed. There's a gentle hum of maternal heartbeat and digestion. It's like a well-modulated, high-end aquarium. Except, of course, that it's not. The actual sequence of events is exceedingly intricate. Miss one minor step, delete a gene expression, add a dribble too much or too little of a single hormone, and you'll wind up with a baby who is dead or monstrous or, in what may be a blessing, both. But the tissue, a single layer of cells stretched across a cell culture within a plastic petri dish, was gossamer-thin. "We'd hoped the embryos would implant on this tissue," Liu says, "so we could learn more about the mechanisms of implantation. But they could not." The growing embryos would break through the tissue, smack against the petri dish and, like a tree whose roots hit rock, die. So Liu added layers, tissue atop tissue, until she had a three-dimensional model, essentially a freestanding uterus. Embryos could attach to this engineered tissue. They could burrow in, sending out shoots of blood vessel. They could take in nutrition and give out waste. They could divide, differentiate, and thrive. Which led at last to the bubbles. In 2003, in an experiment that hasn't received as much attention as one might expect--perhaps because Liu hasn't published her results, due to her qualms about how those results will be received by politicians, activists and desperate would-be parents--a mouse embryo grew almost to full term in one of Liu's artificial wombs. It moved. It breathed. It bubbled. "And not just one bubble," Liu says. "We saw bubble, bubble, bubble." She may also have glimpsed, in that moment, the far-out future of human reproduction, vitreous and shifting. Thanks to her research and others', man-made mouse wombs could be a reality within a decade--and a stepping stone to artificial human wombs. Eventually, these baby incubators could supplant natural ones. Conception could be clinical, and birth bloodless. Gestation could be detached from motherhood, and a fetus could be viable from the instant that sperm and egg fused. Or not. Days after cheerfully percolating, Liu's rodent fetus died, deformed and contorted, more seahorse than mouse, a developmental freak. The same thing happened to the next fetus she implanted, and the one after that. "Making babies is more complicated than we imagined," Liu says. "And we knew going into this that making babies is very, very complicated."Artificial wombs have figured for generations in fiction, feminist theory, abortion debates and even the wistful imaginings of women far advanced in pregnancy. In Brave New World, the 1932 book by Aldous Huxley, babies grew in tubes. In 1970 Shulamith Firestone wrote in The Dialectic of Sex: The Case for Feminist Revolution that artificial wombs should be developed to free women from "the tyranny of their sexual-reproductive roles." More recently, the exhausted working-mother heroine of the novel I Don't Know How She Does It assures a younger female colleague that she, at least, will be relieved of the tedium and career-torching effects of pregnancy, thanks to emerging baby-in-a-box technology. Science has been playing catch-up to these fantasies: In 1963, researchers put miscarried fetuses in oxygen chambers and added a watery fluid. It didn't work. The closest approximation of an operational machine-womb was created about five years ago. In experiments at Juntendo University in Tokyo, an acrylic box was filled with a liquid similar to amniotic fluid. A goat embryo, removed by cesarean section after four months of normal gestation, was placed in the chamber and its umbilical cord hooked to tubes connected to an artificial placenta. Most of the kids died, but a few survived up to three weeks, reaching full term for a goat. None was without deformities or lung problems. The experiments are no longer under way. Which has left the field to Liu. She and two of her colleagues, both men, have been refining their artificial womb bit by bit. They're developing liquid formulas that are incrementally closer to the fluids within an actual mammalian uterus, although developing the perfect mix of blood, hormones and proteins--and precisely adjusting it during the course of a pregnancy--is so far impossible. Minuscule differences in amniotic fluid have been found, in other labs' experiments, to produce notable differences in the resulting offspring. In Liu's most recent experiment, she surgically implanted one of her artificial mouse wombs in an adult mouse, and the fetus inside lived about 19 days. (In earlier experiments, fetuses survived in external wombs for up to 17 days. That's roughly equivalent to 37 weeks of human fetal development, although fetuses appear to develop slower in artificial wombs than in real ones.) But invariably, each mouse embryo, more than 150 to date, died. One reason, Liu believes, is that the snaky vines of blood vessels that should link the tiny bodies to the womb's surface wither or fail to develop at all. Starved of blood, the embryos shrivel. To rectify this, Liu's colleague Weidong Wang has been studying the expression of a gene, called murine AGPAT, that seems to stimulate blood-vessel formation within the womb. If you block that gene, the embryo can't implant fully and grow, which may explain why some women--in whom this gene is missing or malfunctioning--miscarry. Force the gene's expression, on the other hand, and you get a jungle of blood vessels, a fecund clot of veins. The work may have implications for cancer treatment. Block the gene's expression, and you could disable a tumor's ability to create new blood vessels for itself, causing a slow self-strangulation. "There's overlap between research into fertility and oncology," Wang says. "The beginning of life and the end of life. We deal with both in this lab." The people most invested in the creation of an artificial womb may not be the scientists. Members of the Raelian cult--who also claim to have cloned a baby--announced in 2003 that they had developed a Babytron (their word) that could incubate human embryos from conception onward. No evidence exists to support either of the group's audacious claims. More seriously, some abortion foes, to support their fight, have seized on the potential of external gestation. As they point out, Roe v. Wade relies to a large degree on the nonviability of the aborted fetus. Forty states and the District of Columbia have restricted abortion after approximately 24 weeks of gestation, at which point a baby could survive birth. An artificial womb would vastly extend the period of fetal viability. In theory, an embryo could survive outside its mother's body from the moment of its conception. Some anti-abortion activists have said that women should therefore be required to incubate aborted fetuses in artificial wombs. Bioethicists worry that another subset of women will employ fake wombs for convenience, to avoid stretch marks and weight gain or to prolong Hollywood careers. Some radical feminists see the man-made uteruses as a way not just to free women from pregnancy but to rid the human race of females completely. If sufficient ova were banked, they say, men could have an artificial womb surgically implanted and bear children themselves. Clearly, the most logical and worthy use of artificial wombs would be to help couples who cannot conceive but wish for a genetically related baby. But even in that case, the rationale for an artificial womb is murky. "We have a perfectly safe, workable alternative," says Thomas Murray, the president of the Hastings Center, a bioethics think tank in Garrison, New York. "We have surrogate mothers." An infertile woman might be squeamish about having someone else carry her issue, another body exchanging blood and emotion with her child. "But," Murray continues, "if someone insists on an artificial womb, if they want to create a biologically related baby so badly that they are willing to risk having that baby be severely deformed, it's hard for me to see the moral good in that."Janet DiPietro is the world's leading expert on what it's like to be an embryo. A developmental psychologist at Johns Hopkins University, she is one of the few scientists to have closely studied the womb as an ecosystem. In recent experiments, DiPietro and her colleagues attached monitors to the skin and belly of pregnant women. They had expected to find that the child within responded to its mother's moods. Earlier research had shown that fetuses react almost instantly to changes in maternal position or emotions--with stillness. DiPietro speculates that this is the way the fetus learns to understand its mother and her body and how she reacts to noise and other stimuli. But in work published last year, she found that the instruction is hardly unilateral. Fetuses teach their mothers, too. "We found that the fetuses were moving when the mothers weren't even aware of it, and were giving the mother a little emotional jolt. They were, in effect, training her to pay attention to them." Since much of this movement comes at night, they were also giving her a foretaste of sleep deprivation, apparently knowing deep within their DNA that she might as well start getting used to it. "The fetal environment is more than just hormones," DiPietro says. "You can't simply add titrates of this or that hormone or protein and re-create the womb." An embryo gestating outside its mother "will wind up being different than that same embryo [would be] had it developed the natural way." Women who have borne children understand this instinctively. Any woman who has lain in the dark watching a heel-shaped bump move across her belly knows that a sensibility is growing within, that the child is becoming itself even while still a part of her. The success of adoption shows that this interaction isn't necessary for parental bonding. But is it essential in certain immeasurable ways to the infantile brain and body, to a baby's later ability to touch, attach, and love? As Liu pursues the science of hormone levels and gene expression, she too worries about the ineffable. In 2001, after her earliest experiments with human zygotes were publicized, she was inundated with calls from infertile women begging to become test subjects. Overwhelmed by the response and by her own unwonted realization that, as she says, "this work could have great social impact," she halted the artificial-womb experiments for a full year, resuming only after reaching certain decisions. "I don't want to make a womb for the convenience of women who don't want to be pregnant," she says. And she declines to discuss the uses that anti-abortion groups might make of her results. "I want to make a womb that would be a replacement organ," she says, that would be implanted in a woman whose endometrial tissue was donated, that would fully re-create the rich, dark wilderness of a healthy female reproductive system. But as we all know, intentions don't mean much once an innovation is released. Liu thinks she and her team should have a viable mouse womb in 5 to 10 years. A human model will take longer--"10 years, maybe, or a little more," she says, assuming that restrictions on fetal testing are lifted or eased. "It could take as much as 50 years, but I'm very hopeful that this is possible." Her voice is soft. "It will be helping a life, a baby, helping parents. Those are good things, and that's all I can be thinking about right now." Gretchen Reynolds lives in Santa Fe, New Mexico, and is mother to a son, Max. This is her first feature for Popular Science.

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SE DOCUMENTER SUR L'UTERUS ARTIFICIEL

Ci-dessous un article du site web sciences humaines:

http://www.scienceshumaines.com/l-uterus-la-technique-et-l-amour-l-enfant-et-l-ectogenese_fr_22223.html

Demain, probablement, des enfants ne naîtront pas du ventre de leur mère. La création d'utérus artificiels dans un futur plus ou moins proche permettra en effet de réaliser la gestation d'un enfant entièrement en dehors du ventre d'une femme (l'ectogenèse). Le développement de cette technique de procréation, qui semble inéluctable, fait peur. Récemment, des journalistes, des scientifiques, des juristes et des philosophes n'ont pas hésité à dépeindre dans des termes alarmistes les effets de ce procédé d'enfantement. N'allons-nous pas fabriquer des monstres privés d'amour maternel ?
Philippe Descamps, à qui l'on doit déjà un excellent livre sur les délires juridiques vis-à-vis du clonage (Un crime contre l'espèce humaine ? Enfants clonés, enfants damnés, Les Empêcheurs de tourner en rond, 2004), s'en prend cette fois-ci à toutes les visions cauchemardesques que suscite l'idée d'utérus artificiel. Non, l'utérus artificiel ne créera pas des monstres : il est avant tout une technique médicale d'aide à la procréation assurant la continuité entre la fécondation in vitro et les incubateurs actuels pour maintenir en vie les grands prématurés. Non, les enfants nés d'un tel procédé ne seront pas forcément privés d'amour : ni les grands prématurés ni les enfants adoptés ne le sont. Non, l'ectogenèse ne remettra pas en cause la nature de la femme : il est en effet rétrograde de définir la spécificité féminine par la procréation. À travers cette critique salutaire de la bioéthique actuelle, P. Descamps ne se contente pas de mettre à jour les fantasmes qui nourrissent la peur de l'utérus artificiel. Il dénonce également une dérive du droit français qui, au fil des lois, s'est peu à peu institué en gardien de ce qui est considéré comme une norme transcendante, à savoir la nature. Or selon l'auteur, vouloir soumettre le droit à la nature, c'est vouloir le soumettre à des représentations empreintes d'une idéologie réactionnaire. On l'aura compris, bien qu'encore hypothétique, l'utérus artificiel est déjà une formidable machine à révéler les façons de penser de nos contemporains.
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UN ARTICLE DE MATHIEU BALU POUR RUE89 :

Femmes, hommes, êtes-vous prêts pour l'utérus artificiel ?http://www.rue89.com/2011/04/15/femmes-hommes-etes-vous-prets-pour-luterus-artificiel-200158


La grossesse, si je veux ! La discussion par les parlementaires du projet de loi de bioéthique, couplée à la sortie ce vendredi soir sur Arte d'un documentaire abordant les avancées de la recherche sur la grossesse ex-utero – ou ectogénèse – mettent au premier plan des questions que l'ont pourrait croire tout droit sortie d'un livre d'Aldous Huxley ou de Frank Herbert.


En 2005, le livre d'Henri Atlan, « L'Utérus artificiel », excitait déjà les imaginations, quitte à prendre pour argent comptant des spéculations que lui-même ne voyait se réaliser que dans « cinquante ou cent ans ».
Dans moins d'un siècle, l'ectogénèse permettrait de se passer du corps de la femme pour faire se développer et naître un enfant.


Six ans plus tard, Atlan, figure centrale du documentaire d'Arte, a assuré sur France Inter que la mise au point d'un utérus artificiel reste « très compliquée sur un plan technique, mais [que] le cahier des charges existe ».


En somme, on connaît la recette, mais la manière d'incorporer les ingrédient est encore hors de portée.
Aux Etats-Unis, une souris (déficiente) créée ex-utero


Des expériences ont déjà eu lieu, suffisantes pour ouvrir la porte au fantasme de l'enfant-cyborg :
dès 1997, une équipe japonaise, en récupérant un fœtus de chèvre encore peu développé pour le plonger dans un bain amniotique, avait réussi à le maintenir trois semaines en vie ;
aux Etats-Unis, en 2002, c'est une souris qui avait vu le jour après une gestation ex-utero.


Ces résultats ont montré :
une technique bien loin d'être finalisée, les performances mentales du rongeur étant très en deçà de la normale ;
le scandale provoqué par cette dernière affaire, qui peut servir à étalonner l'importance d'un débat sur la maternité artificielle.


L'équipe de l'université de Cornell, menée par Helen Hung Ching Liu, avait en effet commencé par mener ses expérimentations sur des fœtus humains, promis à la destruction car non-viables.


Le tollé provoqué par ces recherches avait conduit l'équipe à se reporter sur les souris, alors que l'Amérique de George W. Bush, inspirée par le mouvement pro-life, interdisait toute recherche sur les cellules souches ; une interdiction qui sera levée avec l'élection d'un président démocrate à la Maison Blanche.


En France, c'est le texte de 2004 qui encadrera la recherche de manière très rigoureuse.
Des embryons non-viables, avec l'accord des parents ?


D'après la loi du 6 août 2004 relative à la bioéthique, réaliser des recherches sur les embryons humains est formellement interdit, sauf à titre dérogatoire.


Sauf exception donc, les chercheurs français sont privés d'expérimentations, mais la situation pourrait changer dans les semaines à venir. Le projet de révision de la loi de 2004 comporte en effet un changement d'importance : malgré l'opposition du gouvernement, les embryons non-viables pourraient dorénavant être utilisés avec l'accord des parents.
Or, si le même texte réaffirme l'illégalité du système de la mère porteuse (le fait d'utiliser une femme pour porter l'enfant d'une autre jusqu'à son terme), il ne va pas jusqu'à se prononcer sur l'éventualité d'un utérus artificiel.
Dans un rapport sur la famille, la ministre de la Recherche Valérie Pécresse s'était déclarée farouchement opposée au principe de l'ectogénèse, comparable selon elle au clonage humain.


En réalité, les questions que soulève l'éventualité d'une gestation en laboratoire vont plus loin que l'éthique médicale, pour mettre en question les rapports homme/femme.


Un enfant sans femme ou « le triomphe du désir phallocentrique »


Un large courant du féminisme, dit libertaire, voit dans cette possibilité une condition de l'égalité homme/femme : libérée d'une des « infériorités biologiques » que définissait Simone de Beauvoir,
La femme n'est plus « ramenée à l'espèce » et peut vivre pleinement son individualité. C'est la position de Marcela Lacub, auteure de « L'Empire du ventre », plaidoyer contre la « sacralisation » de la maternité et de l'accouchement. Mais d'autres y sont radicalement opposées, au nom de cette même égalité des sexes.


Pour les féministes dites universalistes, il y a là un complot des mâles : faire un enfant sans femme ne serait que le dernier avatar du pouvoir patriarcal. A l'appui de cette thèse, on compte un allié d'importance : Donna Haraway, auteure culte du célèbre « Manifeste Cyborg » dont on ne peut dire qu'elle considère les nouvelles technologies d'un mauvais œil. L'uterus artificiel, dénonce-t-elle, c'est « le triomphe du désir phallocentrique de recréer le monde sans l'intermédiaire des corps de chair de la femme ». Rien de moins.


Au-delà des passions militantes, des chercheurs ou des parlementaires, il est évident que la question fait réagir : si la possibilité de prendre en charge une gestation entièrement ex-utero est sans aucun doute une réussite de la médecine, une fois évacués les risques évidents d'eugénisme, l'impact social d'une telle avancée ne peut que diviser.
Le livre d'Henri Atlan et le documentaire qui lui fait écho devraient vous y aider.

A VOIR :


► L'Utérus artificiel de Marie Mandy pour Arte France/The factory - le 15 avril à 22h15, le 16 avril à 9h55 et le 27 varil à 5 heures.

LE point de vue du gouvernement FRANCAIS et des parlementaires:

Valérie Pécresse dans le Rapport n°2832 de la mission d'information sur la famille et les droits des enfants du 25 janvier 2006 (pp. 40-41) compare l'ectogenèse au clonage et parle de "transgressions des règles de la nature qui risquent d'être réalisées par la science en matière de reproduction". Elle en appelle à "ne pas jouer les apprentis sorciers" et à "maintenir des garde-fous éthiques". Elle émet à une sévère condamnation de cette technologie du futur en rappelant que "La loi de bioéthique de 2004 élève préventivement le clonage humain au rang de crime contre l'espèce humaine".

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